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Bigard fête ses 60 ans dans votre cinéma : j’y serai !

Par dans La vie de Bourgrire

Les plus observateurs d’entre vous auront remarqué que l’une des mes rubriques porte le nom « Artistes ». J’ai le plaisir de l’inaugurer réellement par le portrait de Jean-Marie BIGARD. Il fête ce soir ses 60 ans par un spectacle en direct du Grand Rex, retransmis dans plus de 150 salles de cinéma ; comptez 16,5€ la place. Rien qu’en parcourant les affiches, je riais déjà :     Quand je lis les textes de BIGARD, j’entends immédiatement son intonation particulière, finement dosée pour provoquer les fous-rires (par exemple, j’ai essayé de lire les affiches à ma compagne par téléphone mais je n’ai même pas eu un sourire amusé). Sa voix sonne souvent comme la révolte du citoyen modeste, mais de bon sens, contre la « connerie » sous toutes ses formes. Au fil des années, nombre de ses sketchs font partie des classiques de l’humour français : la chauve-souris, le lâcher de salopes, les films d’horreur… Le Figaro ne s’y trompe d’ailleurs pas et vient de publier un article à ce propos cet après-midi : « Malgré de nombreuses critiques à l’égard de son humour salace, il reste l’un des humoristes français les plus populaires. Il est d’ailleurs le seul comique a avoir rempli le Stade de France à ce jour. »   Tout ça pour dire que : j’y serai ! Ce qui n’est pas le cas de tout le monde :   Personnellement, quand un sujet ne m’intéresse pas, je clique ailleurs. J’imagine la vie passionnante du type qui lit des articles qui ne le concernent pas et apporte de si belles contributions. Et non, ce n’est même pas pour obtenir un lien et référencer un site, le Figaro n’en propose pas depuis ses commentaires…   En faisant quelques recherches pour cet article (oui, oui, je me documente grave), je me suis rendu compte que Jean-Marie trainait une sacré communauté de haters, notamment sur Voici (j’avais prévenu que je me documentais) :     Jean-Marie BIGARD réussit donc une double performance : être sans doute à la fois l’artiste le plus apprécié sur scène… mais aussi le plus détesté. Ses détracteurs (des jaloux ;)) lui reprochent apparemment de s’être remarié avec une femme plus jeune et d’avoir accepté d’être le père in vitro, de l’enfant de son ex-femme. Trois possibilités concernant le lectorat de Voici : – Il est particulièrement proche des mouvements radicaux chrétiens (possible). – Il ne lit pas les articles (probable). – Il a des capacités cognitives limitées (certain).   A force de lire Voici, journal qui sonde l’âme humaine à travers les stars, je pensais que l’amour n’était plus un mystère pour ses lecteurs. Ainsi, la Vie d’Adèle tient en une seule phrase : « je garderai pour toi une infinie tendresse« . Sa femme, âgée de 46 ans, voulait absolument un enfant de lui. Il a accepté de donner son sperme, même s’ils ne partageaient plus le même toit depuis longtemps. Là où certains crient à la honte, je n’y vois que l’infinie tendresse réciproque qui achève une belle histoire d’amour.   Les commentaires sur la différence d’âge avec sa nouvelle épouse me semblent presque saugrenus. 59 / 31, oui et ? Les deux parties dépassent assez nettement la majorité, sont mariées et vivent ensemble depuis des années… N’y a-t-il pas des histoires nettement plus sordides que cet homme qui redécouvre la vie après ses récentes paternités, toutes assumées ?   Derrière l’humoriste, il y a l’homme justement, au parcours peu banal. D’origine modeste, il prend conscience très tôt qu’il ne veut pas suivre la voie à laquelle le destine ses études : l’usine. Entres d’autres petits boulots, il accepte donc un poste de barman dans un café de Troyes, qui lui permet de mesurer sa capacité à rassembler et amuser. Sa mère meurt lorsqu’il a 20 ans, son père l’année suivante. Il survit grâce aux antidépresseurs et au handball, qu’il pratique à haut niveau le week-end. Celui lui permet, après 6 mois de formation au CREPS, d’entrer dans l’éducation nationale en tant qu’enseignant. L’expérience dure 3 ans, il découvre que « les gosses finissent par le laminer, et qu’ils font la moue en le voyant venir ». Je l’imaginais bien, après des années de carrière, ressembler à Monsieur Mégot, le prof de Gym du Petit Spirou :    « Le sportif intelligent évite l’effort inutile ».   Intelligent justement, il l’est. Il manifeste justement une grand intelligence relationnelle et sociale lorsqu’il retourne à son activité de « barman le plus côté de Troyes », au point d’être recruté par une discothèques avec un salaire de cadre. Intelligent encore puisqu’à ses débuts au Petit Théâtre de Bouvard, ce dernier le voit comme un très bon auteur mais non un comédien. Ses débuts parisiens dans les années 80, en compagnie de son ami troyen Tex, sont difficiles mais il finit par percer au théâtre du Point-Virgule. Puis il rencontre Laurent BAFFIE avec lequel il écrit plus de 100 sketchs (!) et accède à la notoriété par l’émission La Classe, animée par Fabrice. En 1990, son spectacle « Oh ben oui !« , écrit avec Pierre PALMADE, lui assure la célébrité.   S’en suit une carrière brillante et des controverses : la vulgarité, les attentats du 11 septembre… Le vulgus en latin, c’est la foule, tout le monde. Effectivement, BIGARD a certainement « vulgarisé » l’humour puisqu’il est aujourd’hui un des artistes les plus populaires ! Sur le 11 septembre, tous ceux qui ont lu le Pendule de Foucault savent qu’un...

Philosophie : BERGSON ne plaisante pas avec le rire

Par dans La vie de Bourgrire

La dernière fois que je me suis pris pour un philosophe, c’était peu après avoir obtenu un 11 au BAC blanc. Ma pensée n’atteignait guère les sommets mais j’avais le mérite d’apprendre un peu mes cours. C’est l’un des plus gros malentendus du lycée d’ailleurs : la philo à l’école c’est comme l’histoire. Tu apprends gentiment et tu récites tout aussi docilement en t’adaptant à l’énoncé. On ne peut pas donner tort au système scolaire : avant de bâtir ses propres réflexions (si l’y on y arrive un jour), il est nécessaire d’avoir tous les matériaux à disposition.   Enfin… est-on capable d’avoir ses propres réflexions ou au moins une idée originale ? Les philosophes les plus exigeants vous répondront que non.   De la même façon, dans l’humour ou le comique, ce que l’on produit est-il vraiment original ?   En 1900, Henri BERGSON sort l’ouvrage « Le Rire – Essai sur la signification du rire », compilation d’articles publiés dans la Revue de Paris. L’ouvrage a déjà été (très bien) disserté sur la toile et je ne m’y risquerai pas une nouvelle fois. Toutefois, je suis frappé par l’analyse très scientifique et sociale que BERGSON livre du rire (attendez… vous croyez que c’est pour ça qu’on parle de « sciences sociales » parfois !??). Il étudie : – Le comique en général (forme, mouvement, force d’expansion). – Le comique de situation et le comique de mots (diable à ressorts, pantin à ficelles, boule de neige). – Le comique de caractère.   Le livre fluide, concret, et chaque exemple donne à réfléchir : « Un homme, qui courait dans la rue, trébuche et tombe : les passants rient. On ne rirait pas de lui, je pense, si l’on pouvait supposer que la fantaisie lui est venue tout à coup de s’asseoir par terre. On rit de ce qu’il s’est assis involon­tairement. Ce n’est donc pas son changement brusque d’attitude qui fait rire, c’est ce qu’il y a d’involontaire dans le changement, c’est la mala­dresse. »   Au final, l’ouvrage permet de répondre simplement à la question : POURQUOI C’EST DRÔLE ?   Cela me rappelle un des sketchs des GUIGNOLS DE L’INFO :   Guignols – Kulunmouton par Yahren En l’espèce, Alain DE GREEF aurait pu citer BERGSON et expliquer les mécanismes de conscience commune qui permettait à un groupe d’individus d’en rire ; un groupe doté de « l’esprit Canal ». A ce propos, vous avez déjà tapé « esprit canal » dans Google ? Tout le monde vous explique que c’est naze ou que c’est mort l’esprit Canal, jusqu’à Fabrice Luchini qui théorise : « On est dans la tyrannie du rire obligatoire. Le drame de l’époque, c’est l’esprit Canal, cette mécanique de la déconne. C’est un totalitarisme ! On n’en peut plus des rires forcés à la télé. » Sans juger de la pertinence de ce propos sur le fond, il faut noter que son analyse prend très bien en compte la dimension collective du rire, la bonne humeur imposée sur tous les plateaux… voir dans l’espace public...

Le One Man Show, ça vous évoque quoi et qui ?

Par dans La vie de Bourgrire

La plupart des passionnés de One Man Show, Stand-up ou Café-théâtre ont un peu le même parcours. Ils se produisaient devant leur famille, puis en classe et le succès était au rendez-vous. Leur popularité dans le village ne faisant plus aucun doute, ils partent ensuite conquérir la Capitale puis le monde. A qui pensez-vous spontanément quand vous entendez les mots… (Comme vous n’êtes pas là pour répondre, je vais laisser Google Images le faire à votre place.)   ONE MAN SHOW – Stéphane ROUSSEAU, Jérôme DARAN, Julien COURBET (!), Alex LUTZ, CAUET (!)… Mon dieu, je n’aurais pas trouvé une seule des 5 premières réponses proposées. Pour moi, le One Man Show c’est plutôt Pierre PALMADE, Jean Marie BIGARD, Muriel ROBIN, Florence FORESTI… et Patrick SEBASTIEN. Comme je cite deux femmes, devrais-je parler en l’espèce de One Woman Show ? Toujours est-il que je commence sérieusement à vieillir, du moins par rapport au contenu proposé par Internet.   Ou alors, autre explication, les artistes moins populaires ont davantage besoin de web marketing pour leur promotion. Une partie de leur budget passe donc dans la mise en avant de résultats favorables dans Google, grâce à l’embauche de prolifiques marketeurs.   Si vous vous lancez dans le métier, il est logique de prévoir un site, un compte Youtube et d’être massivement présent sur les réseaux sociaux.   Notez que la notion de One Man Show ne semble pas être universelle. La page française sur Wikipédia est très mince… et seulement quatre langues sont disponibles !? Par ailleurs, la page anglaise renvoie au monologue, au mono-drame théâtral. Notez aussi que les dictionnaires parlent aussi de « spectacle solo« .   Mouais. C’est un peu du masochisme de baser sa campagne de promotion sur son « spectacle solo ». One Man Show ça claque quand même un peu plus.   Mais revenons à mon top 5 spontané. Si pour les 4 premiers vous serez plus ou moins d’accord, beaucoup d’entre vous me diront « que vient foutre Patrick SEBASTIEN là dedans ? ». Les plus jeunes, dont je fais de moins en moins partie, oublient qu’avant d’être un animateur de cabaret et un chanteur à succès, Patrick SEBASTIEN est un formidable imitateur. « Il débarque à Paris en 1974 et met sur pied un spectacle comique basé sur des imitations de différentes vedettes (en particulier Bourvil), écumant les cabarets pour des cachets très bas »… avant de percer ! En 1992, il revient aux sources en proposant le Grand Bluff, émission dans laquelle il se présente anonymement dans les jeux télévisés de l’époque. Le succès est immense : cette émission restera le record d’audience en France… jusqu’à la finale de la Coupe du Monde 1998.     En 1992, j’avais 13 ans ; c’est suite à cela que j’ai commencé à importuner mon entourage avec mes « spectacles » ;). J’imitais trop bien Pierre BELLEMARE à l’époque (maintenant aussi, mais après quelques bières). Près de 20 ans plus tard, le nom d’Auvairniton BOURGRIRE n’illumine pas toutes les affiches de Métropole. La vie m’a proposé d’autres choix, très intéressants aussi. Je reste toutefois passionné par l’humour en tant qu’art vivant. Merci Patrick....

Auvairniton BOURGRIRE

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